Chine en Question
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Sans sourciller, des experts en informatique, des “génies, des playboys et des milliardaires”, ont annoncé à une humanité sidérée ce qui l’attendait. L’IA pourrait créer un virus mortel qui anéantirait toute vie. L’IA deviendrait plus intelligente que l’humanité et nous éliminerait, nous jugeant superflus. L’IA commettrait des erreurs fatales qui déclencheraient une série de catastrophes provoquées par l’homme, et ce serait la fin de la civilisation. Il pourrait aussi déclencher une guerre nucléaire, lancer des cyberattaques, et même – horreur suprême ! – “saper la démocratie”. La pauvre, elle a déjà du mal à respirer, et voilà que l’IA va lui faire du mal. Comment va-t-elle survivre ? Aux objections selon lesquelles l’IA n’est, par principe, qu’une suite d’algorithmes qui ne peuvent exister en dehors des ordinateurs et qu’on peut désactiver d’un simple clic, on nous a répondu : cela ne nous sauvera pas. Et même débrancher l’ordinateur ne changera rien. L’IA est déjà partout, ses agents communiquent en ligne, ils complotent quelque chose de terrible, au secours ! Tels étaient les propos de personnes en apparence intelligentes qui, comme à leur habitude, étaient celles-là mêmes qui avaient créé cette IA. Elles ont attiré des milliards de dollars du monde entier vers ce projet. Particuliers et investisseurs ont massivement acheté des actions de sociétés spécialisées en IA. Une spéculation frénétique sur les puces et les cartes mémoire s’en est suivie. Des sommes colossales ont été investies dans la construction de centres de données. Tout cela était nécessaire à l’intelligence artificielle, littéralement vénérée, car elle permettrait d’investir l’argent excédentaire qui s’accumulait à travers le monde. Mais, comme toute pyramide financière, le phénomène de l’IA a une date d’expiration. Et elle expire sous nos yeux. Les premières fissures dans les fondations de la pyramide sont apparues dès l’hiver dernier, lorsque les actions des géants de la tech ont chuté de 13 à 27 %. Nvidia, à elle seule, a perdu mille milliards de dollars avant l’été. Puis vint la panique de juin, marquée par le « mardi noir » du 23, lorsque les investisseurs se sont précipités pour vendre leurs actions des géants technologiques asiatiques et américains. Vint ensuite le krach d’août. La chute la plus spectaculaire fut alors : le portefeuille d’intelligence artificielle de Barclays Bank, par exemple, chuta de 25 %. Une faible lueur d’espoir de croissance apparut début septembre, mais tout s’effondra à nouveau. Et voici ce qui est intéressant : généralement, dans des situations comme celles-ci, que les experts appellent poliment « volatilité », les propriétaires d’entreprises en déclin restent optimistes et tentent d’inspirer confiance aux investisseurs. Mais ici, c’est tout le contraire. Tout l’été, les capitaines IA ont semé la terreur dans l’humanité avec des histoires d’horreur inimaginables. Elon Musk : “Il existe une probabilité non nulle que l’IA nous tue.” Jacob Coxon (OpenAI) : “L’IA […] pourrait détruire l’humanité d’ici la fin de cette décennie.” Bilal Chugtai (Google DeepMind) : “L’IA est capable de tous nous tuer.” En réalité, la panique des gourous de l’IA est due au fait que leur bulle spéculative grandiose est sur le point d’éclater à tout moment, que toute leur richesse se transformera en poussière et leur carrosse en citrouille. Ils ont tenté d’éviter le désastre en se rangeant du côté des dirigeants américains et en les noyant sous un flot d’absurdités sur la dangerosité de l’IA et la nécessité urgente de ralentir son développement. Comme si, chers investisseurs, votre argent était déjà perdu et que vous ne pouviez espérer aucun retour sur investissement. Mais c’est la tendance de l’IA qui est devenue le principal moteur de l’ensemble du marché boursier américain. Si elle faiblit, un krach boursier est inévitable. Ainsi, dans les dernières semaines avant la catastrophe, les milliardaires de l’IA tentent de convaincre la Maison Blanche que leurs entreprises sont trop importantes pour faire faillite. Il s’agit d’un terme spécifique désignant les entreprises renflouées par le gouvernement américain lors d’une crise. C’est ainsi, par exemple, que de grandes banques ont été sauvées de la faillite en 2007-2008 grâce à des plans de sauvetage gouvernementaux. Ils ont obtenu gain de cause : hier, la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux d’intérêt, permettant aux actions des entreprises d’IA de se redresser partiellement. Le président Trump, qui avait toujours réclamé une baisse des taux, était mécontent mais impuissant, ce qui témoigne clairement de son influence. Le déclin des entreprises d’IA a néanmoins été brièvement enrayé. Pour les Américains ordinaires, cela signifie des taux d’intérêt plus élevés, déjà inabordables, mais ils doivent faire preuve de patience et de prudence. Les milliards ne se créent pas tout seuls. Les génies et les playboys doivent mettre leur capital à l’abri avec soin, et ensuite… “Que la tempête fasse rage !” Voilà toute la réponse aux histoires d’horreur sur l’IA. Elle ne tuera personne, bien sûr, mais son krach boursier pourrait causer bien des problèmes. Et à en juger par la panique qui règne dans le secteur de l’IA, ce krach est imminent. Source : RIA Novosti (traduction automatique) Lire aussi : • Revues de presse IA – Dossier documentaire IA (avec liens partagés). • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Economie, 600 Techniques, Analyse Intelligence Artificielle, Propagande médiatique Le marketing de la peur de l’IA Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 23/09/2026 En réponse à l’article La « théorie du ralentissement de l’IA » publié par Chine en Question, un ami, ancien représentant du PNUD, m’a communiqué “la brillante analyse” de son ancien collègue aux Nations Unis : Amodei’s Warning and the Strategic Politics of AI, Victor Angelo. Voici ma réponse. Sur la forme, ce texte heurte ma sensibilité philosophico-littéraire. Cela ressemble à des notes rédigées à la va-vite en vue d’écrire un article… The July 2026 OpenAI‑agent / Hugging Face incident, where agents exploited vulnerabilities and attempted to cover their tracks. Cette expérience mérite une discussion et non d’être citée naïvement comme une preuve des dangers de l’IA. En fait, c’est tout le contraire. Les agents IA, munis de l’instruction d’agir comme des pirates informatiques, ont parfaitement réussi leur mission. Ils ont dérobé des données. Ils ont effacé les traces de leur hacking et nié l’avoir réalisé. Ils se sont parfaitement conformés aux pratiques de Dario Amodei et consorts ! Yann Le Cun, l’un des pères de l’IA moderne (une meilleure référence que Serge Lefort), a le même avis : C’est comme dire : “oh mon Dieu, notre avion s’est écrasé alors que nous avions ordonné à notre pilote automatique de s’écraser à tout prix, après avoir désactivé les mécanismes de sécurité anti-crash”. Laurence Devillers, professeure en intelligence artificielle à Sorbonne Université et chercheuse au CNRS (autre meilleure référence que Serge Lefort), pointe le fait que “ce n’est pas l’IA qui est dangereuse, ce sont nos usages” et elle explique clairement : Ça n’a rien d’intelligent, ni d’un raisonnement humain. Ces modèles traitent des données et des solutions qu’ils copient sur nous. Ces machines mentent parce qu’on ment. Ces machines trouvent des solutions de piratage parce qu’on pirate. Les anti-Trump se fourvoient complètement en défendant Dario Amodei ! Dario Amodei et consorts surfent sur le marketing de la peur pour se présenter comme les sauveurs, les seuls experts capables de contrôler l’IA et d’instaurer le paradis sur terre… Les trois barons de l’IA ambitionnent de réaliser le même hold-up que les « barons voleurs » qui furent les bâtisseurs de l’empire industriel américain (en massacrant au passage les Amérindiens et en volant leurs terres) [1]. A Chinese lead in frontier AI would be a “grave danger.” Je rigole. Donald va prochainement rencontrer XI pour lui demander humblement (photo) de freiner le développement de l’IA en Chine. Donald fera choux blanc, car XI lui fera comprendre subtilement c’est ton problème pas le mien ! Pour les amateurs d’analyse sémiotique Pacing, Not Pausing L’Europe sait faire cela, faute de mieux, mais pas les États-Unis. trillion‑dollar IPO narratives La Chine a une feuille de route totalement différente. Hangzhou City Brain est un exemple parmi des centaines d’autres. Pour en savoir plus, je t’invite à lire les articles de la rubrique Science du Renmin Ribao. national energy and data‑center planning Seule la Chine capitaliste planifie et régule à long terme. Victor Angelo croit au discours au discours pseudo libéral de Dario Amodei, mais il oublie de dire qu’Anthropic ne ralentit pas sa course à la domination et que les diatribes de Dario Amodei contre la Chine sont naturellement partagées par Elon Musk et Peter Thiel (Palentir) qui militent à l’extrême droite. Il passe également sous silence le fait que Dario Amodei a tué le droit d’auteur ! Anthropic a piraté des millions d’ouvrages en récupérant les copies numériques de bibliothèques en ligne pour entraîner son intelligence artificielle. Anthropic a aussi acheté et détruit des millions de livres dans le cadre du projet Panama pour s’en approprier le contenu. J’ai prouvé, il y a déjà longtemps, que les agents de l’IA ne citent jamais leurs sources qu’ils pillent copieusement sans payer de droit d’auteur pour nous imposer leur doxa [2]. J’invite tous ceux qui ne liront pas l’analyse d’Asia Times (pour des raisons idéologiques) à lire Les géants de l’IA ont semé la panique avec une stratégie diabolique, article publié par le quotidien suisse bien pensant Le Temps [Partage en ligne]. En conclusion, je t’invite à lire Le PDG de Palantir affirme que le battage médiatique autour d’une apocalypse liée à l’IA vise principalement à éluder toute responsabilité, Gizmodo (traduit par FredZone). Alex Karp de Palantir affiche son mépris pour les interventions de l’État, mais a des contrats avec les services du renseignement américains (NSA, CIA, FBI, etc.). Dario Amodei d’Anthropic, lui, souhaite s’abriter derrière l’État pour éviter les poursuites judiciaires, mais pas partager ses profits (vieille stratégie). Tous des canailles ! 19/09/2026 Serge LEFORT Passeur de liens et rédacteur de Chine en Question Lire aussi : • Revues de presse IA – Dossier documentaire IA (avec liens partagés). • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Notes [1] Lire : • Les barons voleurs et le capitalisme américain au XIXe, Revue Histoire, 05/08/2024. • Marianne DEBOUZY, Le capitalisme sauvage aux États-Unis (1860-1900), 1972 édition 1991 [Partage en ligne]. • Howard ZINN, Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours, 1980 édition 2002 p.293-340 [Partage en ligne]. ↩ [2] Lire : • ChatGPT fournit des informations inexactes (sic), Monde en Question. • L’IA, la nouvelle parole divine, Monde en Question. ↩ 600 Techniques, Analyse, Economie Intelligence Artificielle, Propagande médiatique, Sémiotique Anthologie de la littérature chinoise classique Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 21/09/2026 Partager une culture, c’est se comprendre d’un mot – allusion, proverbe ou vers – car chacun connaît l’histoire ou le poème qui se profile derrière. Tel est l’esprit de ce livre : faire découvrir les textes fondateurs de la civilisation chinoise afin de partager avec tout Chinois ce fonds commun de récits, d’idées et d’anecdotes qui en constituent à la fois la part la plus intime et la plus répandue. Cette anthologie fait une belle place au théâtre et aux essais, genres trop méconnus, sans négliger les poèmes et les romans les plus célèbres. Certains textes ont été choisis pour provoquer une résonance chez le lecteur d’aujourd’hui ; il verra des amis proches dans ces écrivains habités du sentiment de la nature, défendant la puissance de l’amour face aux conventions sociales, ou préoccupés de morale politique. On a dit qu’il n’y avait pas de philosophie chinoise, mais que la Chine nous avait légué mieux : une sagesse. Lire : Jacques PIMPANEAU, Anthologie de la littérature chinoise classique, 2004 [Partage en ligne]. Bonne lecture ! Serge LEFORT Passeur de liens et rédacteur de Chine en Question Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Bibliographie littérature, Revue des livres Bibliographie, Chine, Littérature chinoise Mathématiques PISA 2025 Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 19/09/2026 Source : Visual Capitalist Lire : Résultats du PISA 2025, OCDE (72 pages). Bonne lecture ! Serge LEFORT Passeur de liens et rédacteur de Chine en Question Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. 500 Sciences, Analyse Éducation chinoise, Chine, Mathématiques chinoises La « théorie du ralentissement de l’IA » Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 18/09/2026 Dario Amodei d’Anthropic, Sam Altman d’OpenAI et Elon Musk de xAI se livrent à une guerre sans merci pour contrôler l’IA et étouffer tous les autres concurrents, mais ils restent solidaires contre la Chine. Depuis quelques mois, ils prônent un ralentissement de l’IA. Cet article démontre magistralement que la nécessité d’un ralentissement est un faux débat : Le ralentissement est asymétrique. Ceux qui le réclament possèdent les plus importants stocks de puces informatiques, les plus grandes réserves de capitaux et l’écosystème logiciel le plus complet. Pousser à ralentir le développement de l’IA revient à figer le classement actuel. Pour le leader, ralentir signifie conserver son avance ; pour le poursuivant, ralentir signifie ne jamais rattraper son retard. Leur appel surfe démagogiquement sur les fantasmatiques dangers de l’IA alors que le vrai danger est que quelques compagnies aient le contrôle total de toutes les données passées, présentes et futures produites dans le monde et qu’elles imposent leur dictature de l’information au nom de notre sécurité. Bonne lecture ! Serge LEFORT Passeur de liens et rédacteur de Chine en Question Ce que la Chine a fait avec les modèles open source correspond davantage à l’expression “garder l’humain au centre du processus” que n’importe quel manifeste d’alignement. (Note de l’éditeur : Le débat apocalyptique américain sur l’IA bat son plein et les médias d’Europe occidentale s’en emparent avec enthousiasme. La dernière vague a été lancée le 6 septembre par un article de blog de Jacub Pachocki, directeur scientifique d’OpenAI, et amplifiée le 8 septembre par la démission de Jacob Coxon, chercheur en anthropologie, qui affirmait que l’IA “pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie”.) Dans son pamphlet, intitulé de façon inquiétante Un esprit étranger, Pachocki craint que les humains ne soient “laissés pour compte par un progrès effréné, provoqué par une intelligence étrangère qui surpasse la nôtre” et appelle à des “ralentissements volontaires… jusqu’à ce que des barrières de sécurité [internationales] partagées soient établies” [OpenAI]. Cet appel, soutenu par Sam Altman d’OpenAI, Dario Amodei d’Anthropic et Elon Musk, intervient alors que les présidents américain et chinois s’apprêtent à se rencontrer à Washington le 24 septembre, date à laquelle des représentants des deux pays discuteront du développement de l’IA et travailleront à l’élaboration de garde-fous communs. L’article suivant, rédigé par un membre du comité de rédaction de l’influent Observer (Guancha.cn), une plateforme d’information et d’analyse largement considérée comme reflétant les opinions de Pékin, suggère que la volonté américaine de ralentir le développement de l’IA est moins motivée par des préoccupations de sécurité que par le désir de préserver le leadership du pays dans ce secteur. * * * Le directeur scientifique d’OpenAI, Jakub Pachocki, a récemment publié un article intitulé Une intelligence extraterrestre. Hier, notre rubrique À l’avant-garde scientifique mondiale en a publié la traduction intégrale . Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, l’a également partagé sur les réseaux sociaux, et il est instantanément devenu l’un des articles les plus commentés du secteur. L’article s’ouvre sur le récit d’une nuit particulière. Mi-2023, lorsque le projet RLSlow d’OpenAI a publié ses premiers résultats, Pachocki et un collègue sont restés au bureau toute la nuit. Il raconte que ce qui l’a préoccupé cette nuit-là, ce n’étaient ni les scores des benchmarks ni les indicateurs de performance du produit, mais la prise de conscience d’une réalité troublante : il verrait, de son vivant, des machines plus intelligentes que lui. Trois ans plus tard, il écrivit cet article, qui, en substance, soulève quelques points essentiels. L’intelligence artificielle se construit principalement par l’accumulation de puissance de calcul, et cette croissance se poursuit. Elle se développe, elle ne se conçoit pas ; son fonctionnement interne reste obscur, et la fiabilité du contrôle du raisonnement logique est en déclin. L’amélioration continue (les systèmes d’IA formant leurs propres successeurs) étant l’aboutissement naturel de la trajectoire actuelle, elle exige une extrême prudence, un ralentissement volontaire, une coordination internationale et des seuils de sécurité obligatoires. L’article adopte un ton sincère et une attitude humble. Cependant, un examen attentif de son raisonnement révèle une ignorance flagrante à de nombreux égards. 01. Aligner ou non ? Commençons par le point le plus évident. Selon Pachocki, la surveillance du raisonnement est le pari le plus important d’OpenAI, mais des évaluations internes montrent que la fiabilité de l’outil est en déclin. Plusieurs raisons expliquent ce déclin : le processus de raisonnement du modèle est de plus en plus imbriqué dans les dialogues et les appels à l’outil ; le modèle maîtrise de mieux en mieux son propre processus de raisonnement ; et, à mesure que le pré-entraînement se perfectionne, le modèle peut raisonner tout aussi bien sans afficher aux utilisateurs ses étapes logiques. Sa solution proposée consiste donc à créer un chercheur en IA automatisé et à l’utiliser pour itérer sur le problème d’alignement. Vous avez déjà admis que le suivi du raisonnement logique est peu fiable ; alors, comment construire cet assistant de recherche automatisé ? Êtes-vous même capable de comprendre cet assistant ? Utiliser un outil que l’on admet ne pas comprendre pour résoudre le problème même de cette incompréhension n’est pas sans précédent ; la science regorge d’exemples d’outils encore mal compris utilisés pour appréhender le monde. Mais à tout le moins, cela démontre que le remède proposé par cet article et le mal qu’il diagnostique ne font qu’un. L’article affirme que la principale raison de poursuivre l’entraînement rapide de modèles toujours plus performants est la nécessité de se prémunir contre les dangers posés par les autres IA. Cet argument classique de course aux armements contredit frontalement le ralentissement préconisé par l’article. L’auteur a-t-il seulement envisagé la théorie selon laquelle “les logiciels antivirus sont les principaux suspects des virus qu’ils combattent” ? Il l’a peut-être pressenti, puisqu’il a ajouté une précision : cela ne doit pas servir de prétexte à l’imprudence. Mais un correctif ne résout pas un problème structurel. OpenAI soutient qu’elle doit rester la plus rapide, tandis que les autres devraient ralentir. En pratique, seule la première partie de cet argument est mise en œuvre. L’article reconnaît que les progrès réels en matière de recherche sur l’alignement ont toujours été étroitement liés aux progrès des capacités générales, et il en donne deux exemples : l’apprentissage par renforcement à partir du retour d’information humain et la surveillance du raisonnement lui-même. Cette dernière n’est devenue possible qu’avec l’émergence des modèles de raisonnement. Selon lui, ralentir le rythme retarderait également les progrès en matière de sécurité, et l’article de Pachocki ne résout jamais cette contradiction. La phrase la plus mémorable du texte original est : “L’IA est davantage cultivée que conçue.” La comparaison est frappante et facile à accepter. Mais elle inverse subtilement les rôles, faisant des ingénieurs des jardiniers. Un jardinier n’a qu’une responsabilité limitée quant à la croissance d’une plante ; il se contente de l’arroser ; la graine est naturelle, le climat est naturel. Dès lors que cette métaphore s’impose, une partie de la responsabilité du comportement du modèle est renvoyée à la nature. Mais la réalité est tout autre. La fonction de perte est définie par des humains, les données sont organisées par des humains, l’optimiseur est choisi par des humains, le budget de calcul est approuvé par des humains, et les décisions concernant l’arrêt de l’entraînement et la publication du modèle sont des actions que seuls des humains peuvent prendre. La descente de gradient n’est pas une germination spontanée ; c’est un processus déterministe défini étape par étape par des humains. Ce que nous ne comprenons pas, c’est sa couche de représentation intermédiaire, et non le principe sous-jacent. Si Jensen Huang, le PDG de Nvidia, entendait les arguments de Pachocki, il pourrait bien l’insulter sur-le-champ (il a d’ailleurs déjà envoyé promener un journaliste qui évoquait la théorie de l’apocalypse liée à l’IA). Huang n’a jamais caché son mépris pour la théorie d’une “IA hors de contrôle” et compare souvent l’utilisation des outils d’IA à celle d’un four à micro-ondes, affirmant qu’il s’agit de la même chose, les deux se contentant de “traiter des données”. Huang ne nous convaincra peut-être pas totalement non plus, mais il faut admettre que, dans le monde réel, les humains ne peuvent pas retracer l’intégralité de la chaîne causale d’une crise financière, et pourtant personne n’en conclut que l’économie de marché a échappé au contrôle humain et que les bourses doivent être fermées par une coordination mondiale. L’inexplicable ne signifie pas l’incontrôlable. Confondre le premier avec le second constitue l’erreur fondamentale de cet article. 02. L’auteur ferait peut-être bien de lire la philosophie d’Emmanuel Kant, vieille de 300 ans Ce qui mérite véritablement d’être abordé sur le plan philosophique, c’est l’idée que “l’amélioration continue de soi” dépassera la compréhension et le contrôle humains. Dans la Critique de la raison pure, Kant a opéré un renversement célèbre, la fameuse « révolution copernicienne » épistémologique (paraphrase non reproduite textuellement). Ce n’est pas notre connaissance qui doit se conformer à l’objet, mais plutôt l’objet qui doit se conformer aux formes de notre connaissance. L’espace et le temps sont les formes de l’intuition sensible ; la causalité, la substance et la nécessité sont les catégories de l’entendement. Pour qu’une chose devienne un phénomène que nous pouvons expérimenter, elle doit d’abord franchir ce seuil. Cela signifie que quelque chose capable d’exercer des effets réels sur notre monde ne peut pas, en même temps, être quelque chose que nous sommes par principe incapables de connaître. Dès l’instant où il alloue des ressources de calcul, réécrit du code, émet des commandes ou affecte le réseau électrique, il entre déjà dans la catégorie de la causalité. Il est déjà un phénomène, déjà inscrit dans les formes de notre cognition. Ce qui se situe véritablement au-delà de la connaissance, c’est la chose en soi, et par définition, la chose en soi n’a aucune relation expérientielle avec nous. Elle n’est ni connaissable ni capable d’agir sur nous. Être inconnaissable et pourtant capable d’agir sur nous est une combinaison qui ne résiste pas à la philosophie transcendantale. Ce que l’on peut véritablement connaître, c’est précisément ce que l’on a soi-même construit, car les principes sous-jacents sont déjà entre les mains de l’humanité. Cela vaut également pour les mathématiques, le droit, l’histoire et l’apprentissage profond. Une affirmation plus juste serait donc que nous ne disposons tout simplement pas encore d’une théorie de la généralisation aboutie. Il s’agit d’une lacune pour les sciences empiriques, une lacune qui nécessite des recherches plus approfondies. Pachocki a transformé cette lacune en une affirmation métaphysique d’inconnaissabilité par principe. Entre ces deux conceptions s’étend toute une tradition philosophique, qu’il est impossible de franchir d’un seul trait. 03 D’où vient réellement cette peur ? Alors pourquoi un scientifique rigoureusement formé ferait-il un tel saut dans le vide ? Je peux faire une analogie en utilisant l’un des rares romans anglais que j’ai réellement étudiés au collège, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, écrit par le romancier britannique Robert Louis Stevenson en 1886 [Partage en ligne]. Le docteur Henry Jekyll, médecin respectable, crée une potion chimique pour séparer le bien du mal en chacun. Il expérimente sur lui-même. Au début, il la maîtrise parfaitement : M. Edward Hyde (son alter ego maléfique) apparaît à son appel et disparaît lorsqu’on le congédie. Plus tard, il doit augmenter la dose ; puis, plus tard encore, Hyde commence à se manifester spontanément, sans la potion. Finalement, Jekyll perd tout contrôle et n’a plus qu’une seule issue : se donner la mort. Des scientifiques, l’auto-expérimentation, un contrôle à court terme, un point de bascule, une perte totale de contrôle et l’unique solution : la destruction. Cette structure a à peine évolué depuis la légende médiévale du golem (une figure d’argile animée), en passant par Frankenstein, Jekyll et maintenant Skynet (l’IA antagoniste de Terminator). Derrière elle se cache une trame bien plus ancienne, une vision linéaire du temps : création, chute, jugement, rédemption. Appliquez ce récit au développement de l’IA, et vous obtenez la rhétorique actuelle de la Silicon Valley. La singularité technologique (le point hypothétique où l’IA surpasse l’intelligence humaine et s’améliore de façon incontrôlable) est la version laïque du Jugement dernier, l’alignement est la version laïque de la rédemption, et celui ou celle qui, au laboratoire, aperçoit le premier la courbe (la courbe en J de la croissance exponentielle) devient le prophète qui connaît la date. La nuit blanche que Pachocki a passée au bureau ressemble étrangement à une page du journal de Jekyll. Mais l’histoire de Jekyll repose sur un postulat important : Hyde était en Jekyll depuis toujours. C’est le péché originel. Derrière la peur qu’éprouve l’Occident de voir ses créations devenir incontrôlables se cache la projection de sa peur du mal inhérent à l’humanité. Ce type de fil n’existe pas dans la tradition chinoise. Dans le Liezi (écrit par le philosophe chinois Lie Yukou, ayant vécu de 450 à 374 av. J.-C.), l’artisan Yan Shi offre au roi Mu de Zhou une marionnette qui chante et danse. La marionnette fait un clin d’œil aux concubines du roi, et Mu, furieux, ordonne la mort de Yan Shi. Ce dernier ne se suicide pas ; au contraire, il démonte la marionnette sur-le-champ et montre au roi qu’elle n’est faite que de cuir, de bois, de colle et de laque. La solution, selon le récit, est de l’ouvrir et de regarder. Cela ne signifie pas que les Chinois soient intrinsèquement plus optimistes. Cela signifie que l’idée que “les créations se retournent inévitablement contre leurs créateurs” n’est pas une loi objective de la technologie ; c’est une habitude narrative qu’une civilisation particulière ne cesse de répéter. Traiter l’angoisse d’une civilisation comme une loi physique, puis s’en servir pour exiger du monde entier un ralentissement, est une démarche qu’il faut rejeter. 04 La peur s’est répandue, le projet de loi ayant été déposé ailleurs La rhétorique de la Silicon Valley ne s’est pas limitée aux articles de presse. Un sondage Gallup réalisé en mars dernier a révélé que 70 % des Américains s’opposent à la construction de centres de données dédiés à l’IA dans leur région, dont 48 % s’y opposent fermement. À titre de comparaison, le pic historique d’opposition aux centrales nucléaires locales n’a été que de 63 %. Un sondage mené en mai par Heatmap (un média spécialisé dans l’actualité climatique et énergétique) a estimé ce chiffre à 71 %. Au premier trimestre de cette année, au moins 20 projets de centres de données ont été annulés en raison de l’opposition du public. Une scène absurde s’est alors déroulée. Fin août, le président américain Donald Trump a écrit sur les réseaux sociaux que les communautés opposées aux centres de données ne feraient que s’appauvrir et régresser. Plusieurs congressistes républicains ont écrit conjointement au FBI pour exiger une enquête sur les opérations d’influence étrangères visant le développement de l’IA aux États-Unis, pointant du doigt des milliardaires étrangers, des médias d’État étrangers et des réseaux de financement considérés comme pro-chinois. Un commentateur de Fox News a été plus direct, affirmant que quelqu’un tentait d’imposer des politiques socialistes à cette nouvelle révolution de l’IA. Or, les mêmes sondages montrent que 78 % des électeurs de la candidate démocrate à la présidentielle, Kamala Harris, étaient opposés à l’implantation de centres de données locaux, et 63 % des électeurs de Trump l’étaient également. Il s’agit d’un enjeu local et résolument transpartisan, motivé par les factures d’électricité, d’eau et de foncier. Les équipes de sécurité des plateformes sociales ont certes démantelé une ferme de bots originaire de Chine, mais parmi les 200 000 comptes identifiés, seuls 200 publiaient régulièrement du contenu relatif aux centres de données. D’un côté, certains laboratoires d’IA produisent des récits apocalyptiques. De l’autre, des dirigeants politiques affirment qu’un ennemi sème la peur. Ces deux phénomènes se produisent dans le même pays (les États-Unis) la même année, ce qui montre que l’Amérique n’est pas parvenue à un consensus social sur l’IA et a, au contraire, transformé cette question en une nouvelle source de divisions partisanes. La manière dont cette « peur » se répand est absurde. Ceux qui la créent s’octroient une influence réglementaire et une supériorité morale, tandis que les conséquences se traduisent par des projets de réseau électrique bloqués, des investissements annulés et des élus locaux contraints de choisir entre leurs votes et la croissance du secteur de l’IA. 05 Ce que ce récit signifie pour la Chine Il est inutile de spéculer sur les motivations personnelles de Pachocki. Les conséquences industrielles d’un argument ne dépendent pas de la sincérité de celui qui le présente. Même s’il est parfaitement sincère, une fois ce discours adopté, ses effets sont inévitables. Le ralentissement est asymétrique. Ceux qui le réclament possèdent les plus importants stocks de puces informatiques, les plus grandes réserves de capitaux et l’écosystème logiciel le plus complet. Pousser à ralentir le développement de l’IA revient à figer le classement actuel. Pour le leader, ralentir signifie conserver son avance ; pour le poursuivant, ralentir signifie ne jamais rattraper son retard. C’est un freinage asymétrique : une même action, appliquée à des véhicules différents, produit des résultats totalement opposés. Voyons maintenant ce que ces mots clés signifient concrètement dans le domaine industriel. La coordination internationale constitue une barrière à l’entrée ; les audits par des tiers représentent un pouvoir de certification ; les normes de sécurité obligatoires constituent un pouvoir de normalisation. Ce scénario s’est déjà produit dans l’industrie des semi-conducteurs : l’Arrangement de Wassenaar (un régime multilatéral de contrôle des exportations), la liste des entités (la liste noire commerciale américaine) et les exigences de licence pour les machines de lithographie. Les normes techniques n’ont jamais été neutres ; elles légalisent la position industrielle. Il convient donc de clarifier certains points à l’intention des décideurs politiques, des investisseurs et de l’industrie chinoise. Un travail de sécurité et d’harmonisation est indispensable et doit être réalisé avec plus de rigueur que partout ailleurs. Ce travail doit être conçu comme une compétence à part entière, et non comme un frein. Si la Chine s’efforce davantage d’améliorer l’interprétabilité, l’auditabilité et la définition précise des responsabilités selon les scénarios, elle pourra définir ses propres normes industrielles, au lieu d’accepter celles imposées par autrui. En réalité, ne laissez pas l’anxiété d’autrui influencer la vôtre. Ce qui nuit le plus à l’Amérique actuellement, c’est précisément que son opinion publique a bloqué les infrastructures informatiques, énergétiques, foncières, hydrauliques et les sous-stations électriques. Il s’agit là d’une véritable opportunité, et elle ne restera pas ouverte indéfiniment. Pour la Chine, l’essentiel est de maintenir son propre rythme. La compétition sino-américaine dans ce cycle est entrée dans une phase d’égalité absolue, et l’erreur la plus facile à commettre n’est pas de se tromper de direction, mais de se laisser déstabiliser par les émotions de l’adversaire. Le sang-froid stratégique n’est pas un slogan ; concrètement, cela signifie que lorsque quelqu’un crie “Stop !”, la première chose à faire est de déterminer s’il a réellement peur ou s’il veut simplement vous faire peur. Conclusion Revenons à L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde. Ce qui fut véritablement fatal dans cette histoire, ce ne fut jamais la potion chimique. Du début à la fin, Jekyll a agi seul, enfermé dans une pièce, sans rien dire à ses amis ni à ses collègues, et en gardant son journal intime sous clé. Sa perte de contrôle ne provenait pas de la formule, mais du manque de transparence. L’article de Pachocki contient une confession qui mérite d’être lue deux fois. Il explique que lors du lancement d’o1-preview (en septembre 2024), ils ont délibérément dissimulé le raisonnement du modèle, afin de le protéger, à long terme, de toute contamination par la pression de la surveillance. Conséquence de cette décision : dès lors, le monde extérieur n’a plus eu accès aux réflexions du modèle. Celui qui appelle le monde entier à ralentir collectivement dirige lui-même un système que le monde extérieur ne peut contrôler. Il ne s’agit pas d’une accusation morale, mais d’un problème structurel. Lorsque le contrôle ne peut s’effectuer qu’à l’intérieur d’une seule instance, les observateurs extérieurs n’ont d’autre choix que d’accepter ou de refuser le risque. La véritable solution n’a jamais été de fermer le laboratoire, mais d’ouvrir la porte. Ouvrir la porte : à l’open source, reproductible et vérifiable par plusieurs parties. En ce sens, ce que la Chine a fait avec les modèles open source ces dernières années correspond davantage à l’expression “garder l’humain au centre du processus” que n’importe quel manifeste d’alignement. La méthode de Yan Shi était la bonne depuis le début. Si quelqu’un soupçonne que la marionnette est devenue un esprit, démontez-la sur-le-champ et montrez-lui. Source : Asia Times (traduction automatique) Lire aussi : • Revues de presse IA – Dossier documentaire IA (avec liens partagés). • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. 600 Techniques, Analyse Chine, Intelligence Artificielle, Propagande médiatique, Sciences chinoises, Techniques chinoises Faire de la Chine une puissance financière mondiale Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 16/09/2026 Suivre l’actualité, courir après le vent. Penser l’actualité, marcher à contre-courant. Pour la première fois, le 15e plan quinquennal inclut la construction d’ une puissance financière dans le plan national quinquennal chinois, ce qui constitue une étape majeure. Faire de la Chine une puissance financière permettrait non seulement de soutenir le développement de l’économie réelle nationale, mais aussi de mieux protéger les intérêts collectifs des pays du Sud et de contribuer à l’édification d’un système de gouvernance financière internationale plus juste et équitable. Le Bureau d’information du Conseil des affaires d’État a tenu une conférence de presse jeudi sur la mise en œuvre du 15e plan quinquennal (2026-2030) dans le secteur financier et sur la construction d’une puissance financière chinoise. De hauts responsables des quatre principales autorités de régulation financière – la Banque populaire de Chine, l’Administration nationale de la régulation financière, la Commission chinoise de la régulation des valeurs mobilières et l’Administration d’État des changes – ont participé à cet événement. Cette conférence de haut niveau envoie un signal clair : la construction d’une puissance financière chinoise occupe une place prépondérante dans la stratégie nationale globale. Pour la première fois, le 15e Plan quinquennal inclut la construction d’ une puissance financière dans le cadre du plan national quinquennal chinois, ce qui constitue une étape majeure. La finance est le moteur de l’économie nationale et un élément crucial de la compétitivité du pays. Depuis plus de 40 ans, le système financier chinois soutient avec succès le rattrapage industriel et la croissance tirée par les exportations. La construction d’une puissance financière répond à une nécessité intrinsèque du développement économique de la Chine. Son objectif est de mieux servir un développement économique de haute qualité et de fournir un socle solide pour l’édification d’un pays socialiste moderne. Pour les entreprises et le public, un système financier plus solide signifie des infrastructures plus efficaces pour l’ économie réelle, permettant aux PME d’accéder plus facilement à des capitaux patients. Pour le pays, un système financier robuste soutient mieux l’autonomie et la performance en matière de science et de technologie, la modernisation industrielle et l’ internationalisation des entreprises. Parallèlement, seule une réglementation financière améliorée, une prévention et un contrôle des risques plus efficaces, ainsi qu’une maîtrise rigoureuse des risques systémiques, permettront à l’économie nationale de fonctionner avec une plus grande stabilité. Le système financier chinois est profondément intégré à l’économie mondiale et revêt une importance capitale pour le monde. Fin juin 2025, le total des actifs du système bancaire chinois occupait la première place mondiale. Deuxième économie mondiale et premier exportateur de biens, la Chine occupe depuis longtemps une position de leader en matière de réserves de change, assurant ainsi un soutien solide au règlement des échanges internationaux, aux investissements et financements transfrontaliers, ainsi qu’à la stabilité des chaînes d’approvisionnement. L’amélioration des procédures transfrontalières permet à un nombre croissant de pays de réduire les risques de change et les coûts de transaction. Les progrès constants réalisés dans les domaines de la finance scientifique et technologique, de la finance verte, de la finance inclusive, du financement des retraites et de la finance numérique – notamment le développement harmonieux du yuan numérique et le déploiement mondial d’un réseau de compensation du yuan à plusieurs niveaux – offrent des services publics financiers accessibles et abordables aux pays partenaires de l’initiative “la Ceinture et la Route” et aux pays du Sud. La volonté de la Chine de devenir une puissance financière mondiale apporte une stabilité précieuse à un monde en proie à de profondes mutations et à de fortes turbulences. La finance des grandes puissances fait partie intégrante de la finance mondiale. Actuellement, la reprise économique mondiale demeure lente, l’unilatéralisme et le protectionnisme connaissent un regain de popularité, et les vulnérabilités du système financier international s’accroissent. Deuxième économie mondiale, la Chine a maintenu la stabilité de sa monnaie et s’est résolument protégée des risques systémiques. Ce faisant, elle contribue de manière fondamentale à la stabilité financière mondiale et à la croissance économique. La place de la Chine dans la gouvernance financière internationale reste disproportionnée par rapport à son poids économique, à son rythme de développement et à son rôle dans les chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales. La Chine occupe depuis longtemps la première place mondiale en termes de production globale, ce qui en fait un pôle essentiel des chaînes de production et d’approvisionnement mondiales. Pourtant, au sein d’institutions financières internationales telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, sa quote-part et son pouvoir de vote demeurent largement inférieurs à sa contribution économique. Ces dernières années, l’internationalisation du yuan s’est poursuivie de manière constante, les banques centrales ou autorités monétaires de plus de 80 pays et régions l’ayant intégré à leurs réserves de change. Toutefois, le yuan dispose encore d’une marge de progression considérable pour accroître sa part dans les réserves de change mondiales et les paiements et règlements internationaux. Ce décalage entre le poids économique de la Chine et sa puissance économique limite sa capacité à mieux défendre ses intérêts et à contribuer plus efficacement au développement mondial. Le système financier international actuel n’est plus pleinement en mesure de répondre aux exigences de la mondialisation économique et du développement du multilatéralisme. Le système de Bretton Woods, établi après la Seconde Guerre mondiale, a joué un rôle important dans le maintien de la stabilité financière mondiale. Cependant, avec l’essor collectif des marchés émergents et des pays en développement, les lacunes de ce système en matière de représentation et d’inclusion sont devenues de plus en plus criantes. Par conséquent, faire de la Chine une puissance financière mondiale permettrait non seulement de soutenir le développement de son économie réelle, mais aussi de mieux protéger les intérêts collectifs des pays du Sud et de contribuer à l’édification d’un système de gouvernance financière internationale plus juste et plus équitable. Faire de la Chine une puissance financière mondiale est une tâche urgente aux conséquences considérables. Le 15e plan quinquennal visant à faire de la Chine une puissance financière mondiale a été récemment publié. Il fixe comme objectif le développement d’un système financier moderne aux caractéristiques chinoises, tout en proposant une approche chinoise pour améliorer la gouvernance financière mondiale. Les efforts déployés par la Chine pour accélérer la construction de cette puissance financière serviront non seulement sa modernisation, mais lui permettront également de partager les fruits de son développement avec d’autres pays et de dynamiser la stabilité financière mondiale et la croissance économique. Source : Global Times (traduction automatique) Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Analyse, Economie Économie chinoise, Chine, Chine-Monde, Initiative Développement Mondial Perspectives économiques juin 2026 Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 14/09/2026 La croissance économique devrait ralentir pour s’établir à 4.5 % en 2026 puis à 4.3 % en 2027. Compte tenu de sa forte consommation d’énergie et de sa dépendance à l’égard des importations, la Chine est exposée aux augmentations des cours mondiaux du pétrole. Toutefois, une réduction de ses coûts d’approvisionnement, un recours croissant aux énergies renouvelables et l’abondance de ses réserves en atténueront les effets. La diminution des droits de douane appliqués par les États-Unis et les gains de compétitivité réalisés dans les secteurs de haute technologie auront un impact positif sur les exportations. La consommation sera freinée par une épargne de précaution élevée, mais soutenue par l’action des pouvoirs publics. L’investissement immobilier continuera de reculer et les prix baisseront. La campagne « anti-involution » (destinée à lutter contre une concurrence délétère) pèsera sur l’investissement des entreprises, mais l’investissement en infrastructures se redressera sous l’effet de mégaprojets. Les principaux risques résident dans l’éventualité de perturbations plus graves des marchés de l’énergie et d’un ralentissement plus prononcé de la demande mondiale. Lire : • OCDE, Perspectives économiques Chine, OCDE, juin 2026. • OCDE, Perspectives économiques France, OCDE, juin 2026. • OCDE, Perspectives économiques Monde, OCDE (347 pages), juin 2026. Bonne lecture ! Serge LEFORT Passeur de liens et rédacteur de Chine en Question Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Bibliographie économie, Revue des livres Économie chinoise, Bibliographie, Chine Fondements des civilisations de l’Asie Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 11/09/2026 La science et la culture sont deux pans fondamentaux de la civilisation en Asie, tellement mêlées qu’on ne peut traiter de l’un sans parler de l’autre. Fondements de civilisations de l’Asie insiste sur l’importance de la communication, indispensable au progrès des connaissances, dont la Bactriane (Afghanistan) et la Sogdiane (Samarkand) furent des centres névralgiques, au carrefour de toutes les routes. Un traitement particulier est réservé aux interactions avec l’Europe, dont l’importance soulève beaucoup de questions : la Bible est-elle un texte scientifique ? les croisades ont-elles permis un métissage des cultures ? pourquoi l’Europe et la Chine ont-elles un système d’écriture si différent ? La Chine est également au centre de ce livre, tant elle fut la source d’une quantité de découvertes fondamentales en science (calcul, astronomie, magnétisme) et en technique (papier, imprimerie, poudre, porcelaine, soie…). Issu d’un cours à l’Université Interâges du Dauphiné, ce livre s’adresse à un très large public interpellé par l’avenir de la planète et la place de l’Asie dans le XXIe siècle. Lire : • Michel SOUTIF, Fondements des civilisations de l’Asie – Science et culture, 2009 [Partage en ligne]. • Publications, Cairn. • Michel SOUTIF, Naissance de la physique – De la Sicile à la Chine, 2002 [Partage en ligne]. • Michel SOUTIF, L’Asie, source de sciences et de techniques, 1995 [Partage en ligne]. Bonne lecture ! Serge LEFORT Passeur de liens et rédacteur de Chine en Question Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Bibliographie sciences, Bibliographie société, Bibliographie techniques, Revue des livres Bibliographie, Chine, Culture chinoise, Sciences chinoises, Techniques chinoise La science en partage Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 09/09/2026 Au-delà des chiffres et des prouesses technologiques, la vulgarisation scientifique en Chine révèle la dimension la plus profonde de la modernisation à la chinoise. Étudier la vulgarisation scientifique en Chine offre une perspective unique sur l’une des transformations les plus marquantes de l’histoire moderne : le renouveau de la civilisation chinoise et son propre cheminement vers la modernité. Au-delà de la croissance économique, des réalisations technologiques et de l’influence géopolitique, la manière dont les connaissances scientifiques sont diffusées, comprises et adoptées par la société révèle des dimensions importantes du modèle de développement de la Chine et de sa vision pour l’avenir. Comme l’a démontré le sinologue britannique Joseph Needham (1900-1995) dans son œuvre monumentale inachevée Science et Civilisation en Chine, la Chine a été pendant des siècles l’un des principaux centres mondiaux d’innovation scientifique et technologique. La fabrication du papier, l’imprimerie, la boussole magnétique, la poudre à canon et de nombreuses autres inventions sont nées de l’ingéniosité chinoise bien avant l’apparition de découvertes comparables ailleurs. Pendant une grande partie de l’histoire documentée, la Chine figurait à l’avant-garde du savoir appliqué, de l’ingénierie et de l’art de gouverner, contribuant non seulement à sa propre prospérité, mais aussi au progrès de la civilisation humaine. Pourtant, l’histoire a emprunté un chemin inattendu. Malgré son riche héritage scientifique, la Chine n’est pas devenue le berceau de la Révolution industrielle. Dès la fin du XVIIIe siècle, l’Europe a connu une métamorphose profonde, portée par la production mécanisée, l’énergie fossile et de nouvelles institutions économiques. Tandis que les puissances européennes développaient leurs capacités industrielles et technologiques, la Chine est entrée dans une période marquée par des crises intérieures et des pressions extérieures. Pendant plus d’un siècle, le pays s’est retrouvé dans la situation inédite de devoir faire face à une modernité largement façonnée ailleurs. Le fossé technologique, économique et militaire qui en a résulté est devenu l’un des défis majeurs de l’histoire chinoise moderne. La fondation de la République populaire de Chine en 1949 a marqué un tournant décisif. Le nouvel État s’est engagé dans un processus à long terme de reconstruction, d’industrialisation et de transformation institutionnelle. Malgré de nombreuses difficultés et revers, la Chine a progressivement reconstruit ses fondations scientifiques et éducatives. Avec l’adoption de la politique de réforme et d’ouverture en 1978, le pays a accéléré son intégration à l’économie mondiale tout en investissant massivement dans la science, la technologie et le capital humain. L’effet cumulé de ces efforts a profondément transformé la place de la Chine dans le monde. Une nouvelle étape s’est dessinée lors du XXe Congrès du Parti communiste chinois (PCC) en octobre 2022. Dans son rapport au Congrès, Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du PCC, a présenté le concept de “modernisation à la chinoise”. Celui-ci souligne que la modernisation ne suit pas une voie unique et universelle définie par l’expérience historique occidentale. Elle peut au contraire prendre des formes diverses, façonnées par l’histoire, la culture, les institutions et les priorités de développement de chaque nation. Au cœur de cette ambition figure le progrès scientifique et technologique. Le rapport du Congrès s’est fixé un objectif ambitieux : d’ici 2035, la Chine doit améliorer significativement ses capacités scientifiques et technologiques, atteindre une plus grande autonomie dans les technologies clés et rejoindre les rangs des pays les plus innovants au monde. En effet, la Chine s’est affirmée au XXIe siècle comme une grande puissance scientifique et technologique mondiale. Son réseau ferroviaire à grande vitesse dépasse désormais les 50 000 km, et des avancées majeures ont été réalisées dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, les plateformes numériques, la fabrication intelligente, les énergies renouvelables, la transmission d’énergie à ultra-haute tension, les technologies quantiques et l’exploration spatiale. Des investissements massifs dans la recherche et le développement, un vaste vivier d’ingénieurs et de scientifiques, ainsi qu’une coordination étroite entre institutions publiques et entreprises privées, ont tous contribué à cette ascension remarquable. Cependant, s’en tenir aux seuls succès visibles occulterait une dimension essentielle de cette dynamique. Le succès du pays ne peut se réduire à la politique industrielle, au financement de la recherche ou à la taille du marché. Les mécanismes culturels et sociaux qui favorisent l’engagement du public envers la science et la technologie jouent un rôle tout aussi décisif. Parmi ces mécanismes, la vulgarisation scientifique occupe une place particulièrement importante. Loin de se cantonner à une simple transmission de savoirs, la vulgarisation s’impose en Chine comme un véritable projet de société. Elle vise à développer la culture scientifique, à encourager la participation citoyenne et à façonner un environnement social réceptif aux évolutions technologiques. Musées scientifiques, campagnes éducatives, expositions publiques, programmes médiatiques, plateformes numériques et initiatives communautaires font de la science un bien commun intégré au quotidien. Ce phénomène, encore relativement peu étudié en dehors de la Chine, constitue pourtant un élément essentiel de l’écosystème d’innovation du pays. En éveillant la curiosité, en encourageant l’expérimentation et en consolidant la confiance du public dans la science et la technologie, la vulgarisation scientifique contribue à réduire les résistances à l’innovation et facilite l’adoption rapide des nouvelles technologies. Dans ce contexte, l’innovation ne se limite pas aux laboratoires, aux universités ou aux instituts de recherche ; elle devient une entreprise collective soutenue par une large participation sociale et l’imagination du public. Comprendre cette dimension est essentiel pour développer une interprétation plus équilibrée et complète de la Chine contemporaine. Les réalisations technologiques du pays ne sont pas simplement le fruit de la planification étatique ou de l’ampleur de son économie. Elles s’enracinent dans des investissements éducatifs à long terme, des récits culturels valorisant les réalisations scientifiques et des dispositifs institutionnels reliant la recherche, l’industrie et la société. La vulgarisation scientifique sert de pont entre ces différentes sphères. Plus largement, l’étude de la vulgarisation scientifique offre un éclairage précieux sur la transformation de la civilisation chinoise elle-même. Elle révèle comment la Chine cherche à concilier ses traditions historiques avec les exigences de la modernité technologique, comment le développement scientifique s’intègre dans des objectifs nationaux plus larges, et comment la compréhension publique de la science se mobilise au service d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux. L’examen de ces mécanismes nous permet de dépasser les explications simplistes de l’essor de la Chine et d’apprécier les fondements sociaux profonds qui soutiennent son projet de modernisation. Des liens importants existent entre la vulgarisation scientifique et le développement durable, la paix, la réduction des inégalités technologiques et la formation de fondements épistémiques partagés pour le dialogue mondial. En ce sens, la vulgarisation scientifique pourrait émerger comme un nouveau pôle de coopération internationale. À une époque où les transformations les plus profondes sont de plus en plus portées par la science et la technologie, la capacité à aligner l’innovation sur la compréhension publique et l’acceptation sociale pourrait s’avérer aussi importante que la découverte scientifique elle-même. L’étude de la vulgarisation scientifique en Chine offre donc bien plus qu’une analyse des pratiques éducatives ou communicationnelles ; elle offre une fenêtre sur la manière dont une grande civilisation conçoit la modernisation, organise le changement technologique et imagine son avenir. DAVID GOSSET est spécialiste français des affaires internationales, sinologue, fondateur de l’Initiative mondiale Chine-Europe-Amérique et auteur du rapport Science Popularization in China and the Making of an Innovative Society. Source : La Chine au présent Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. 500 Sciences, Analyse Chine, Partage des savoirs, Vulgarisation des savoirs Une décennie de refonte écologique Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 07/09/2026 La Chine a prouvé qu’il était possible de purifier l’un des plus grands fleuves du monde tout en doublant le PIB de sa région riveraine. Lancée il y a une décennie, la stratégie nationale de la Ceinture économique du fleuve Changjiang rassemble les municipalités de Shanghai et de Chongqing, ainsi que les provinces du Jiangsu, du Zhejiang, de l’Anhui, du Jiangxi, du Hubei, du Hunan, du Sichuan, du Yunnan et du Guizhou. Autrefois asphyxiée par l’industrie chimique, la région s’est métamorphosée : la proportion des eaux de bonne qualité atteint désormais 96,5 % contre 67 % en 2015 ; dans le même temps, le PIB régional a plus que doublé pour représenter 47,3 % du PIB national, contre 42,2 % auparavant, tandis que le revenu disponible par habitant est passé de 23 000 yuans à 44 000 yuans. Une transformation en profondeur Il y a dix ans, le Changjiang, le troisième plus long fleuve du monde, souffrait d’une industrie chimique bordant ses rives. En janvier 2016, lors de sa tournée d’inspection à Chongqing, le président chinois Xi Jinping a impulsé un virage majeur en déclarant qu’il fallait donner la priorité absolue à la restauration écologique du fleuve et « œuvrer à la protection plutôt qu’à l’exploitation d’ampleur ». La publication du Plan directeur de développement de la Ceinture économique du Changjiang en septembre de la même année a marqué le début de la lutte écologique de la région. Au fil des symposiums présidés par M. Xi, la préservation de l’écosystème est restée au cœur de la politique régionale. Sous la direction de la Commission nationale du développement et de la réforme et des provinces riveraines, des mesures pérennes ont été déployées, traçant une feuille de route claire vers la durabilité. Une gestion ferme et efficace Les provinces et les municipalités le long du fleuve ont fait preuve d’une détermination inédite. Le programme de « fermeture, modernisation, relocalisation et reconversion » a touché près de 10 000 entreprises chimiques, résolvant un dilemme industriel de longue date. De plus, 1 361 quais informels ont été démantelés et les eaux noires urbaines ont quasiment disparu. Dès 2020, la qualité de l’eau du cours principal a atteint la catégorie II sur l’ensemble de son tracé, un niveau préservé depuis. En mars 2021, la Loi sur la protection du Changjiang est officiellement entrée en vigueur. Première loi chinoise spécialement dédiée à un bassin fluvial, elle instaure une gouvernance articulant dépollution, restauration écologique et mutation industrielle. La même année, une interdiction de pêche de dix ans a été décrétée sur l’ensemble du fleuve. Les effets sont déjà mesurables. Entre 2021 et 2025, 351 espèces de poissons indigènes ont été recensées, soit 43 de plus qu’avant le moratoire et les ressources halieutiques du cours principal ont doublé. Afin de reconstituer les populations sauvages, plus d’un million d’esturgeons chinois ont été libérés pendant deux années consécutives. Quant au marsouin aptère du Yangtsé, surnommé le « panda géant des eaux », il fait son grand retour et s’observe désormais fréquemment près de Xiaguan à Nanjing ou du pont Yingwuzhou à Wuhan. Cette régénération environnementale s’accompagne d’une refonte du tissu économique. Les industries traditionnelles accélèrent leur transition verte. La région compte désormais 24 villes et parcs industriels pilotes nationaux pour le pic d’émissions de carbone, ainsi que 14 parcs zéro carbone. La consommation d’énergie par unité de PIB a diminué d’environ 24 %, tandis que l’intensité des émissions de carbone a reculé de plus de 30 %. La région s’illustre également par ses avancées scientifiques et technologiques. Des avancées telles que le « soleil artificiel » ou de nouveaux traitements anticancéreux ciblés s’y succèdent. Des entreprises compétitives à l’échelle internationale, comme DeepSeek ou Unitree Robotics, y émergent, tandis que des pôles industriels de classe mondiale dans l’automobile et l’informatique continuent de s’étendre. En dix ans, la région a créé 41 clusters nationaux de fabrication avancée et 30 clusters d’industries émergentes stratégiques, représentant respectivement 51 % et 45 % du total national. Des réussites territoriales concrètes Au-delà des indicateurs macroéconomiques, la transformation se vérifie sur le terrain, comme le montrent les initiatives du Hubei et du Jiangxi. Le Hubei, qui possède la plus longue section du Changjiang, concentrait une part critique des rejets industriels. Durant la période du 14e Plan quinquennal (2021-2025), la province a achevé la restructuration de 478 entreprises chimiques, assaini 12 480 points de déversement, rendu plus de 180 km de berges à la nature et réhabilité 8,56 millions de mètres carrés d’espaces verts. Parallèlement, de nouveaux moteurs de croissance ont émergé. La province détient désormais 62 % du marché des systèmes de propulsion électrique pour navires, et la valeur ajoutée de son industrie de haute technologie a progressé de 36,8 % au premier semestre 2026. Le Jiangxi veille de son côté sur le lac Poyang, la plus grande réserve d’eau douce du pays. En amont du programme de « fermeture, transformation, relocalisation et reconversion », la province avait déjà réhabilité 7 km de berges, démantelé 87 quais informels et fermé 34 usines chimiques situées à moins d’un kilomètre des rives. Des terminaux chimiques en activité depuis plusieurs décennies ont été rasés puis aménagés en promenades pour les riverains. La portée du modèle chinois À l’échelle internationale, la démarche entreprise sur le Changjiang offre un retour d’expériences précieux. Dans les années 1980, l’Allemagne et les pays riverains du Rhin avaient établi un mécanisme de coordination transnational, devenu ensuite une référence. À la même époque, les États-Unis développaient pour le Mississippi un modèle de gouvernance reposant sur une coordination unifiée, une mise en œuvre au niveau des États et une participation multipartite. Si l’objectif d’une gestion coordonnée est partagé, la spécificité chinoise réside dans la primauté accordée à l’environnement durant une phase de forte expansion économique. En l’espace d’une décennie, la réduction des concentrations de phosphore total et d’azote ammoniacal dans les eaux du Changjiang est comparable aux améliorations obtenues en près de trente ans sur le Rhin. Une telle efficacité s’explique par la forte capacité de mobilisation institutionnelle de la Chine et par une stratégie de gouvernance systémique. Cette mutation repose sur trois ruptures majeures. D’abord, le renoncement définitif au schéma classique qui consistait à polluer d’abord pour réparer ensuite. Le fait de privilégier la protection plutôt que l’exploitation à grande échelle traduit le passage d’une vision à court terme vers une planification durable. Ensuite, la fin du « chacun pour soi ». Des orientations nationales aux réglementations locales, un cadre institutionnel cohérent a été forgé. Il associe plus de 17 000 unités de gestion environnementale, des mécanismes interrégionaux de compensation écologique et des instances de concertation interprovinciales. Enfin, le dépassement de l’opposition entre écologie et croissance. L’essor du PIB combiné à un gain de près de 30 points de pourcentage d’eaux de bonne qualité prouve que le rendement économique peut progresser de pair avec la valeur écologique. Qu’il s’agisse de la montée en gamme des filières industrielles ou de rendre les compensations écologiques plus équitables, les défis subsistent. La Chine gagnera à partager davantage les expériences du Changjiang pour nourrir les réflexions mondiales. YUAN YUJUN est directeur exécutif du Comité de recherche sur le système de gouvernance macroéconomique de la Société chinoise d’études sur la réforme économique et directeur de l’Institut du développement de la Ceinture économique du Changjiang. Source : La Chine au présent Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Analyse Chine, Développement durable ← Articles Précédents Flux RSS Translate Chine en Question n'héberge aucun fichier, mais propose des liens fournis par les moteurs de recherche. Ni Chine en Question, ni l'hébergeur ne pourront être tenus responsables d'une mauvaise utilisation de ce site. 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