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Chine en Question

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Accueil À propos Actualités Revue de presse Revue presse 2024 Revue presse 2023 Revue presse 2022 Revue presse 2021 Revue presse 2020 Revue presse 2019 Revue presse 2018 Dazibao Contact Chine en Question Blog dédié au Monde asiatique Littérature chinoise contemporaine Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 31/08/2026 La littérature chinoise a connu une évolution fulgurante depuis la mort de Mao en 1976 jusqu’à l’attribution du prix Nobel de littérature à Gao Xingjian en 2000. L’amateur l’aborde souvent au gré d’une flânerie en libraire, dans les bibliothèques ou par un critique dans la presse. Mais il est quelque peu démuni s’il veut s’y retrouver dans le foisonnement des mouvements et des écoles, ou tout simplement avoir des informations sur les auteurs. Ce petit précis lui donne les clés pour ce repérer dans la production de ces vingt-cinq dernières années. Il privilégie les œuvres traduites en français – tout en signalant certaines qui ne l’ont pas été et méritent de l’être -, présente leurs auteurs, les situe dans l’histoire littéraire chinoise et mesure leur impact en Chine et en Occident. Sans se cantonner à la Chine continentale, il englobe les littératures de Hong-Kong, Taiwan et les écrivains vivant à l’étranger. Un livre clair et facile d’accès pour qui est curieux d’en savoir plus sur la Chine et ses écrivains. Lire : Noël DUTRAIT, Petit précis à l’usage de l’amateur de littérature chinoise contemporaine (1976-2006), 2002 édition 2006 [Partage en ligne]. Bonne lecture ! Serge LEFORT Passeur de liens et rédacteur de Chine en Question Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Bibliographie littérature, Revue des livres Bibliographie, Chine, Littérature chinoise Le mythe de la « théorie de la surcapacité » Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 24/08/2026 Derrière l’accusation de « surcapacité » chinoise se joue surtout une bataille autour des règles du commerce mondial. Quel que soit le jour de la semaine, les grands médias occidentaux ne manqueront pas de critiquer la Chine, notamment à travers les déclarations de leurs élites politiques. Un jour, les reportages s’attarderont sur la prétendue menace que la Chine ferait peser sur ses voisins régionaux. Un autre, on expliquera au public que, tant que la Chine n’adoptera pas la définition occidentale de l’action humanitaire, elle ne pourra jamais être considérée comme un défenseur de cette cause. Et un autre encore, un mot reviendra sans cesse dans les médias : « surcapacité ». On peut résumer cette position ainsi : certains pays occidentaux s’efforcent de convaincre l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, que la Chine produit des biens au-delà des capacités de son marché intérieur. Elle choisirait ensuite de déverser ses excédents sur les marchés internationaux, en les vendant à des prix qui nuiraient à la compétitivité des producteurs nationaux dans de nombreux pays. Grâce à cette pratique, et à une forme de « mercantilisme », la Chine aurait ainsi accumulé de manière constante des excédents commerciaux avec des pays de toutes tailles. En bref, le message est clair : la Chine ne respecterait aucune règle. Cependant, aussi irréprochable que puisse paraître cet argument, il ne résiste pas à un examen approfondi. Le ministère chinois du Commerce a récemment publié un document intitulé Position de la Chine sur la question de la prétendue surcapacité, qui retrace l’évolution historique du paysage mondial des capacités de production et analyse objectivement les liens entre subventions industrielles, excédents commerciaux, déséquilibres économiques, concurrence et surcapacité. Le document présente également les politiques et orientations futures de la Chine et avance plusieurs propositions. Il apporte ainsi une réponse ferme à l’argument de la prétendue surcapacité chinoise. La Chine souligne qu’aucune organisation internationale, y compris l’Organisation mondiale du commerce (OMC), n’a jamais proposé de définition universelle de la surcapacité. Il est donc difficile de déterminer à partir de quels critères un pays se trouve réellement dans une situation de surcapacité. « Certaines économies tentent d’imposer leurs propres critères, souvent simplistes, mécaniques ou généraux, pour définir la prétendue surcapacité et servir ainsi leurs intérêts géopolitiques et protectionnistes », explique le document. Autrement dit, tout comme les couleurs et les images d’un kaléidoscope changent au gré de ses rotations, n’importe quel pays peut, en fonction de ses propres objectifs, construire son propre récit de la surcapacité et s’enorgueillir ensuite des conclusions qu’il en tire. Le document chinois est particulièrement intéressant en ce qu’il analyse les objectifs que le pays cherche à atteindre en matière de commerce. Il précise d’abord que « la Chine a toujours scrupuleusement respecté les règles de l’OMC et s’est efforcée d’établir et d’améliorer son système de subventions conformément aux pratiques internationales ». Il expose ensuite la manière dont la Chine envisage l’avenir, affirmant que le pays « veut collaborer avec toutes les parties prenantes afin de préserver conjointement le système mondial de libre-échange, la stabilité et le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement et industrielles mondiales, ainsi qu’un environnement mondial ouvert et coopératif ». Enfin, il réfute les accusations selon lesquelles la Chine nuirait au commerce mondial. Le document affirme que « les États-Unis et les pays occidentaux ont inventé de toutes pièces le prétendu Choc chinois 2.0, accusant à tort le développement industriel de la Chine de constituer une menace monopolistique pour les pays occidentaux et de restreindre l’espace de développement des pays du Sud. Ces affirmations ne reflètent pas la réalité et sont infondées ». Alors que certains pays continuent de dénoncer « la Chine et la surcapacité », ils omettent souvent de s’attaquer aux politiques protectionnistes émanant de Washington. « Depuis l’entrée en fonction du président Donald Trump le 20 janvier 2025, l’augmentation des droits de douane imposés par les États-Unis, tant par son ampleur que par la rapidité de sa mise en œuvre, est sans précédent dans l’histoire. Cela s’inscrit dans un retour plus large au protectionnisme aux États-Unis », a récemment souligné la Banque de France. Deux textes législatifs clés « justifient » qu’un président américain puisse restreindre ou bloquer les échanges commerciaux avec un autre pays. L’article 232 de la loi de 1962 sur l’expansion du commerce autorise le président à restreindre les importations si le département du Commerce détermine que certaines marchandises peuvent constituer une menace pour la sécurité nationale. Par ailleurs, l’article 301 de la loi de 1974 sur le commerce permet aux États-Unis d’imposer des droits de douane ou d’autres mesures restrictives à d’autres pays sur la base de décisions unilatérales, notamment en matière de prétendue propriété intellectuelle. Aujourd’hui, le grand public américain connaît parfaitement les droits de douane et leur lien avec les stratégies protectionnistes. Il est également bien conscient que ces droits de douane renchérissent le prix des biens de consommation. Depuis dix ans, sous trois administrations présidentielles, Washington utilise les droits de douane pour faire pression sur les pratiques commerciales de ses partenaires, proches ou lointains. Rappelons-nous que l’annonce par l’administration Trump du « Liberation Day » en 2025 a constitué un camouflet retentissant pour l’OMC, qui exige que les droits de douane soient appliqués de manière égale à tous les partenaires commerciaux. Les États-Unis invoquent fréquemment la prétendue sécurité nationale comme prétexte pour empêcher les véhicules électriques (VE) chinois d’entrer sur le marché américain. Officiellement, ces interdictions sont justifiées par les inquiétudes concernant les données que ces véhicules pourraient recueillir et les conséquences potentielles du maintien par la Chine du contrôle de certains logiciels automobiles. Cependant, certains observateurs se demandent si les États-Unis, fortement dépendants d’une chaîne d’approvisionnement traditionnelle fondée sur les véhicules à essence, ne tentent pas de bloquer l’accès au marché américain aux VE chinois par des mesures protectionnistes. En effet, leur faible coût, leur qualité élevée et leur contribution potentielle à la réduction de l’impact environnemental pourraient constituer des atouts majeurs pour les consommateurs. Il convient également de rappeler que les États-Unis ont fréquemment été mis en cause pour leurs pratiques commerciales au regard des règles de l’OMC. De fait, l’OMC a reçu 165 plaintes contre les États-Unis au fil du temps. L’Union européenne, la Chine, le Japon, l’Inde et le Canada figurent parmi les membres ayant déposé le plus grand nombre de plaintes. Trois d’entre eux comptent pourtant parmi les plus proches alliés politiques de Washington. Par ailleurs, le Centre d’études américaines de l’Université de Sydney a indiqué que les actions de Washington « compromettent souvent la capacité de l’OMC à remplir ses fonctions essentielles ». En bref, Washington ne se présente souvent comme un défenseur du libre-échange que lorsqu’il est certain d’en tirer profit. Le système commercial multilatéral fondé sur l’OMC est aujourd’hui menacé. Si certains pays persistent à croire qu’ils ont le droit de rester dans un club exclusif et d’établir ou de modifier les règles selon leurs propres besoins, les avantages évidents du commerce international seront eux aussi compromis. Par la coopération, la Chine, en œuvrant de concert avec les États-Unis, l’Europe et d’autres acteurs, est fermement engagée à défendre le système commercial multilatéral fondé sur l’OMC, à promouvoir une mondialisation économique inclusive et à veiller à ce que les fruits du développement profitent davantage aux populations de tous les pays. Source : La Chine au présent Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Analyse, Economie Économie chinoise, Chine, Propagande médiatique L’Occident étudie la puissance de la Chine, mais pas sa civilisation Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 21/08/2026 Le discours politique américain a traditionnellement mis l’accent sur les droits individuels et les limites du pouvoir gouvernemental. Le discours politique chinois, quant à lui, privilégie plus souvent l’ordre social, le bien-être collectif et les obligations relationnelles. À mesure que la rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine s’intensifie, le déclin des connaissances culturelles accroît le risque de mal interpréter les intentions de Pékin. Lors de leur sommet de Pékin le 14 mai 2026, le président chinois Xi Jinping a interrogé le président américain Donald Trump sur la possibilité pour la Chine et les États-Unis d’éviter le « piège de Thucydide », où la rivalité entre une puissance émergente et une puissance établie dégénère en guerre. Au cours des discussions, Xi a également averti qu’une mauvaise gestion de Taïwan pourrait entraîner un conflit entre les deux pays. Cet échange a mis en lumière l’anxiété stratégique du moment présent. L’ascension de la Chine se mesure en usines, brevets, modèles d’intelligence artificielle, navires de guerre, projets d’infrastructure et flux commerciaux. Les gouvernements et les entreprises étudient sa politique industrielle, sa production automatisée et ses capacités technologiques. Les concurrents cherchent à comprendre les mécanismes de la réussite chinoise ; les pays du Sud souhaitent s’inspirer de ceux qui leur paraissent utiles. Pourtant, l’étude de la langue, de l’histoire, de la philosophie et de la culture chinoises n’a pas suivi le rythme de l’importance croissante de la Chine. Ce déséquilibre est dangereux. Le monde découvre comment la Chine produit, finance et rivalise sans suffisamment comprendre les cadres historiques et culturels à travers lesquels sont débattues en Chine les questions d’ordre, d’humiliation, d’obligation, d’autorité et de renouveau national. Cette tendance est visible dans le domaine de l’éducation. Selon l’enquête de 2021 de la Modern Language Association sur les inscriptions, les inscriptions en chinois dans les collèges et universités américains ont chuté de 14,3 % entre 2016 et 2021. Les inscriptions en master et doctorat ont diminué, passant de 1 266 à 892. Les échanges universitaires se sont également contractés, les tensions géopolitiques, les préoccupations sécuritaires, les restrictions de voyage et les contrôles politiques rendant plus difficile un engagement durable. Au moment même où l’expertise sur la Chine devient cruciale, les canaux permettant de l’acquérir se raréfient. Quelles sont les évolutions de la compréhension culturelle ? La culture générale ne signifie pas accepter les affirmations du gouvernement chinois. Elle implique de reconnaître que les politiques et les déclarations sont interprétées à travers le prisme de différentes mémoires historiques et de différents vocabulaires moraux. Le discours politique américain a traditionnellement mis l’accent sur les droits individuels et les limites du pouvoir gouvernemental. Le discours politique chinois, quant à lui, privilégie plus souvent l’ordre social, le bien-être collectif et les obligations relationnelles. Aucune des deux sociétés ne parle d’une seule voix, mais cette différence contribue à expliquer les débats récurrents sur les droits de l’homme, la gouvernance et la stabilité sociale. En diplomatie et en affaires, les interlocuteurs chinois accordent souvent plus d’importance aux relations personnelles, au langage indirect et à la préservation de la face que les Américains, habitués à exprimer ouvertement leur désaccord. La mémoire historique est tout aussi importante. L’impérialisme occidental et japonais a causé d’immenses souffrances en Chine au XIXe et au début du XXe siècle. Cette histoire est mise en avant dans l’éducation et le discours officiel chinois, tandis que de nombreux Occidentaux connaissent peu les guerres de l’opium, les traités inégaux ou l’invasion japonaise. Ce que l’un perçoit comme une politique contemporaine, l’autre peut l’interpréter à la lumière d’une histoire plus longue de vulnérabilité nationale et d’ingérence étrangère. La Chine se souvient également de siècles où elle figurait parmi les civilisations les plus sophistiquées du monde. Elle a développé une tradition bureaucratique solide et, sous la dynastie Song, a réalisé des progrès remarquables dans le commerce, l’éducation, l’imprimerie, la technologie, la philosophie et les arts. Cette histoire ne justifie ni les revendications territoriales modernes ni la politique gouvernementale. Mais elle contribue à expliquer pourquoi de nombreux Chinois perçoivent le renouveau national moins comme la naissance d’une nouvelle puissance que comme un retour après une interruption historique. Henry Kissinger a établi une distinction entre l’exceptionnalisme américain et chinois. Chaque pays porte en lui une histoire qui justifie sa place singulière dans l’histoire mondiale. Une diplomatie menée sans comprendre ces histoires risque de confondre symbolisme et substance, attitude défensive et agression, ou compromis et humiliation. La Chine est plus que l’État chinois Comprendre la Chine exige aussi de résister à la tentation de la réduire à une seule essence. La société et la civilisation chinoises ne sauraient se réduire au Parti communiste, pas plus que la civilisation chinoise ne saurait se réduire au confucianisme. La Chine a été façonnée par les traditions confucéenne, taoïste, bouddhiste et légiste, ainsi que par la religion populaire, le marxisme, le nationalisme, le capitalisme et la modernité mondiale. Ces héritages se chevauchent et s’opposent. Le néo-confucianisme en offre un exemple révélateur. Ce mouvement a émergé lorsque des penseurs chinois se sont confrontés à la puissance occidentale et aux institutions modernes. Des philosophes tels que Mou Zongsan, Tang Junyi et Xu Fuguan ont défendu la tradition confucéenne contre ceux qui la tenaient pour responsable de la faiblesse de la Chine, tout en s’interrogeant sur sa capacité à s’adapter à la science, à la démocratie et à la liberté individuelle. Après 1949, une grande partie de ce travail s’est poursuivie à Hong Kong et à Taïwan, tandis que le confucianisme était officiellement rejeté et, surtout pendant la Révolution culturelle, violemment réprimé sur le continent. Les néo-confucianistes distinguaient la connaissance technique de la sagesse. La science et la raison pouvaient révéler et transformer le monde naturel, affirmaient-ils, mais ne pouvaient à elles seules résoudre les questions de sens, de développement moral ou de finalité légitime du pouvoir. Leur pensée demeure pertinente pour les sociétés qui possèdent des capacités techniques extraordinaires mais qui sont moins certaines des finalités que devraient servir ces capacités. Depuis lors, certains penseurs de Chine continentale ont promu des versions nationalistes, autoritaires ou patriarcales du confucianisme. D’autres, en Chine continentale, à Taïwan, en Corée du Sud et en Amérique du Nord, ont exploré sa compatibilité avec la démocratie, le gouvernement méritocratique, la réciprocité et la dignité humaine. Le confucianisme n’est donc pas une doctrine politique figée, mais une tradition vivante et sujette à débat. Tu Weiming a fait plus que quiconque pour inscrire cette tradition dans le débat international. Son concept de « Chine culturelle » dépasse le cadre de l’État chinois pour englober les personnes liées à la civilisation chinoise par la langue, la mémoire et l’engagement intellectuel. Il critique l’instrumentalisation politique du confucianisme pour imposer l’obéissance, mais soutient également que son insistance sur le développement personnel, les relations et l’unité de l’humanité et de la nature peut contribuer à une éthique mondiale. L’importance de l’œuvre de Tu ne réside pas dans le fait que le confucianisme offre une clé de compréhension du comportement chinois. Elle réside plutôt dans la mise en lumière du dialogue intellectuel qui se dessine dès lors que l’on appréhende la Chine comme une civilisation et non comme un simple problème stratégique. Au-delà de la Chine officielle La philosophie n’est qu’un point d’entrée parmi d’autres. La littérature, le cinéma et l’art révèlent des aspects de l’expérience chinoise que les déclarations officielles et les statistiques économiques ne peuvent saisir. L’écrivain Lu Xun (1881-1936) a mis en lumière les crises morales et sociales de la Chine du début du XXe siècle. Le prix Nobel Mo Yan métamorphose l’histoire rurale à travers la satire et le réalisme magique. La science-fiction de Liu Cixin projette les angoisses et les ambitions chinoises sur la scène cosmique. Les films de Zhang Yimou explorent le pouvoir, la mémoire, la famille et les bouleversements à travers un langage visuel reconnu dans le monde entier. Ces œuvres remettent en question l’image d’une société chinoise monolithique. La Chine est le théâtre de débats entre nationalistes et cosmopolites, libéraux et conservateurs, féministes, croyants, écologistes, ouvriers, entrepreneurs et jeunes incertains quant à l’avenir. Les restrictions gouvernementales ont restreint l’espace public. De ce fait, certains débats intellectuels se sont déplacés vers des séminaires privés, des librairies, des clubs de lecture et des conversations numériques soigneusement encadrées. Cela rend la Chine plus difficile à comprendre pour les étrangers, mais non moins nécessaire à comprendre. Les institutions occidentales portent une part de responsabilité dans ce fossé. La philosophie chinoise reste souvent cantonnée à des études régionales plutôt que d’être considérée comme faisant partie du patrimoine philosophique commun. La couverture médiatique se concentre, à juste titre, sur le parti-État, la sécurité et la concurrence économique, ce qui peut donner l’impression que la Chine officielle représente l’ensemble du pays. Les politiques nationalistes des deux camps découragent par ailleurs la curiosité, pourtant essentielle à la connaissance culturelle. L’alphabétisation culturelle comme réalisme stratégique Combler le fossé ne se limite pas à célébrer les échanges culturels en principe. Les universités doivent pérenniser l’enseignement du chinois de haut niveau et intégrer la philosophie, l’histoire et la littérature chinoises au-delà des départements spécialisés. Les éditeurs et les fondations devraient soutenir les traducteurs qui rendent accessibles les débats intellectuels chinois contemporains. Les journalistes ont besoin de temps et de compétences linguistiques pour rendre compte de la société chinoise et non seulement de l’État. Les gouvernements devraient protéger les intérêts légitimes en matière de sécurité sans considérer les échanges universitaires comme une menace en soi. Cette démarche doit être réciproque. Les autorités chinoises ont rendu la compréhension de la Chine plus difficile en restreignant la recherche, le journalisme et le débat public. Un véritable dialogue des civilisations ne peut se fonder sur des slogans ou une diplomatie culturelle contrôlée. Il exige l’accès, la possibilité de désaccords et la liberté d’appréhender une société dans toute sa complexité. La connaissance des réalités culturelles ne saurait éliminer la concurrence stratégique et n’exige aucune admiration pour la politique du gouvernement chinois. Elle relève du réalisme. Les pays ne peuvent négocier avec succès avec une Chine fantasmée, dissuader une Chine qu’ils comprennent mal, ni coexister pacifiquement avec une civilisation qu’ils connaissent principalement à travers les gros titres et les évaluations des menaces. Pour sortir du piège de Thucydide, il faut donc bien plus que de la retenue militaire et des lignes d’assistance téléphonique en cas de crise. Il est nécessaire que les deux sociétés comprennent les récits historiques à travers lesquels l’autre conçoit le pouvoir, l’ordre et la finalité nationale. L’Occident a déployé des efforts considérables pour évaluer les capacités de la Chine. Il est temps d’investir une énergie comparable pour comprendre ce que la Chine pense faire – et pourquoi. Source : Asia Times (traduction automatique) Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Analyse, Occident/Chine Chine, Chine-Monde, Europe/Chine, USA/Chine La gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 19/08/2026 Un récent commentaire paru dans le New York Times comparait le développement de modèles d’intelligence artificielle (IA) avancés à deux voies distinctes : celle des « armes nucléaires » et celle de l' »énergie nucléaire ». La première met l’accent sur le potentiel destructeur et appelle à un contrôle strict, tandis que la seconde souligne les risques maîtrisables et prône l’ouverture ainsi que le partage. Ces approches contrastées soulèvent une question fondamentale : l’IA est-elle un outil stratégique au service du monopole et de la concurrence, ou un bien public profitant à l’humanité tout entière ? La réponse de la Chine est claire et ferme : l’IA doit être centrée sur l’humain et utilisée au bénéfice de tous. Lors de la cérémonie d’ouverture de la Conférence mondiale sur l’IA (WAIC) 2026 et de la Réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale de l’IA, le président chinois Xi Jinping a demandé des efforts conjoints pour bâtir un système de gouvernance mondiale de l’IA juste et équitable. Cette proposition témoigne d’une compréhension approfondie des tendances technologiques et historiques, incarne la sagesse d’une gouvernance de l’IA axée sur le bien commun et s’inscrit dans l’objectif à long terme de bâtir une communauté de destin pour l’humanité. La Chine adhère aux principes d’ouverture et de coopération gagnant-gagnant, favorise un développement axé sur l’innovation et permet à l’IA de profiter à tous les secteurs et à toutes les entreprises. Récemment, « Kimi K3 », un grand modèle de nouvelle génération, a été officiellement lancé par la Chine en tant que modèle open source. Avec 2 800 milliards de paramètres, il est devenu le plus grand modèle open source au monde en termes de volume de paramètres. La Chine s’est imposée comme l’une des sources de grands modèles open source les plus actives et à la croissance la plus rapide à l’échelle mondiale, avec un nombre cumulé de téléchargements dépassant les 10 milliards. Alors que les grands modèles chinois continuent d’évoluer rapidement, ils stimulent non seulement la demande intérieure grâce à des applications variées, mais rendent également les technologies de pointe plus accessibles grâce à un rapport coût-performance compétitif. Ces modèles s’imposent de plus en plus comme des outils de productivité privilégiés par les utilisateurs du monde entier. L’open source et l’ouverture ne sont pas seulement des méthodes de développement technologique ; ils reflètent également une philosophie de collaboration et de croissance partagée. La Chine a proposé l’Initiative de coopération internationale « IA+ » et a lancé un plan d’action sur la coopération et le développement en matière d’IA, définissant des mesures dans huit domaines, notamment le partage d’écosystèmes d’IA open source et la promotion du développement coordonné de règles et de normes. La Chine a également dévoilé « Fenghe », un grand modèle de langage open source. Le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev a souligné que le rôle moteur de la Chine dans l’innovation en matière d’IA open source, les plateformes ouvertes et la coopération scientifique internationale a créé de nouvelles opportunités de développement pour les pays du monde entier. Dans le même temps, la Chine renforce la sensibilisation aux risques, veillant à ce que l’IA soit sûre, contrôlable et constitue un outil de confiance pour l’humanité. Selon Yoshua Bengio, lauréat du prix Turing, alors que les capacités de raisonnement, les aptitudes scientifiques et l’autonomie des systèmes d’IA connaissent une croissance exponentielle, les décideurs du monde entier doivent appliquer le principe de précaution et se préparer aux scénarios et risques éventuels. Ce point de vue rejoint la conviction de la Chine selon laquelle l’IA doit toujours rester sous contrôle humain. Elle a ainsi lancé l’Initiative mondiale pour la gouvernance de l’IA, qui comprend des propositions concernant l’évaluation et la classification des risques, l’amélioration des lois et réglementations, ainsi que l’élaboration de lignes directrices éthiques. Cette initiative appelle tous les pays à prévenir conjointement les risques et à renforcer continuellement la sécurité, la fiabilité, la contrôlabilité et l’équité de l’IA. La Chine a également publié les versions 1.0 et 2.0 de son cadre de gouvernance pour la sécurité de l’IA, intégrant des exigences de sécurité tout au long des processus de développement, de déploiement et d’application des modèles. Elle a aussi publié le Plan d’action mondial pour la gouvernance de l’IA, définissant la sécurité et la contrôlabilité comme des principes fondamentaux. En outre, la Chine a dévoilé un plan d’action sur la gouvernance internationale de l’éthique de l’IA, offrant un cadre qui associe principes directeurs et mesures concrètes. Qu’il s’agisse de définir des orientations ou de tracer des voies, la Chine continue de fournir des biens publics internationaux, contribuant ainsi à garantir que l’IA, telle une puissante monture, puisse avancer aussi vite que sûrement. Elle encourage aussi l’inclusion et favorise l’apprentissage mutuel entre les civilisations. Elle cultive le jardin des civilisations avec le plus grand soin, veillant à ce que la beauté de chaque civilisation soit appréciée et partagée. Contrairement aux barrages conventionnels qui bloquent et détournent l’eau, le système d’irrigation de Dujiangyan a su tirer parti du cours naturel de la rivière Minjiang grâce à une dérivation et une adaptation scientifiques, profitant à la plaine de Chengdu, capitale de la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), depuis plus de 2 000 ans. Comme l’écrivit le sage chinois Confucius, « L’homme de bien recherche l’harmonie, mais non l’uniformité ». Chaque civilisation et chaque système possède ses propres caractéristiques. Ce qui compte, c’est le respect mutuel, la coexistence et le progrès partagé. Danil Kerimi, vice-président du Comité consultatif indépendant de surveillance de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, s’est inspiré de la sagesse orientale pour éclairer l’approche chinoise en matière de gouvernance de l’IA, qui reflète une longue tradition d’inclusion et de respect mutuel. Aujourd’hui, cette sagesse orientale se traduit en actions concrètes. Le « Moteur d’interactions culturelles » vise à révéler les liens profonds entre les sites du patrimoine culturel mondial et à présenter les caractéristiques communes et la diversité des civilisations humaines à des utilisateurs de plus de 170 pays. Lors des récents Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, le modèle d’IA Qwen est devenu le premier modèle linguistique officiel de grande envergure de l’histoire olympique, créant une expérience intelligente inédite pour les épreuves de sports d’hiver. Des entreprises chinoises et malaisiennes ont créé conjointement un centre de doublage et de traduction intelligent multilingue basé sur l’IA. Ce centre prend en charge la traduction dans plus de 130 langues et permet de traduire du contenu audiovisuel en seulement 30 minutes. Les technologies d’IA chinoises franchissent désormais les frontières, permettant aux civilisations de progresser grâce à l’inclusion et de se renouveler par l’échange. La Chine prône la solidarité, œuvre pour une meilleure gouvernance mondiale et s’engage à prévenir de nouvelles injustices historiques dans le domaine de l’IA. Lors de la Conférence mondiale sur l’IA et la gouvernance mondiale de l’IA (WAIC) de 2026, l’Organisation mondiale de coopération en matière d’IA (WICO) a été créée, avec 38 pays membres fondateurs. Première organisation internationale intergouvernementale dédiée à l’IA, elle promeut un développement inclusif au bénéfice de tous. Elle adhère aux buts et principes de la Charte des Nations Unies et reste ouverte à tous les pays, traçant ainsi une nouvelle voie pour la gouvernance mondiale de l’IA à l’ère de l’intelligence artificielle. Parallèlement, la Chine a organisé ces dernières années des ateliers de renforcement des capacités en IA, lancé le Programme spécial de coopération « La Ceinture et la Route » sur la science, la technologie et l’innovation en IA, et développé le projet de marque « Sud numérique » dans le cadre du Fonds mondial de projets de développement. Au cours des cinq prochaines années, la Chine offrira 5 000 formations en IA aux pays en développement et établira des centres de coopération internationaux pour les applications de l’IA avec l’ASEAN, la Ligue arabe, l’Union africaine, la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes, l’Organisation de coopération de Shanghai et les pays BRICS. Par ailleurs, la Chine apportera son soutien à l’application de la solution d’alerte météorologique intelligente MAZU dans 30 pays. La Chine a toujours été convaincue, et l’a démontré, que l’IA devait être un vecteur de coopération mondiale. Depuis l’été 1956, date à laquelle le concept d' »intelligence artificielle » a été introduit pour la première fois lors du Projet de recherche d’été sur l’intelligence artificielle de Dartmouth aux États-Unis, on constate que ces 70 dernières années ont été marquées par le parcours technologique de la Chine, de ses balbutiements à une progression constante. Ce parcours l’a amenée à passer d’une stratégie de suivi et de rattrapage à une compétition avec les leaders mondiaux, lui permettant d’acquérir une expertise dans de nombreux domaines. Aujourd’hui, forte d’une autonomie technologique de haut niveau qui constitue un socle solide pour l’innovation, et grâce à l' »IA Plus » qui ouvre des perspectives mondiales, le secteur de l’IA en Chine entre dans une ère de développement sans précédent. Cette confiance repose sur des avancées constantes dans les technologies clés, un écosystème d’innovation dynamique, des garanties institutionnelles assurant un équilibre entre développement et sécurité, et un engagement en faveur de l’inclusion, des avantages mutuels et d’une coopération gagnant-gagnant, en tant que grande puissance responsable. À l’aube d’une nouvelle ère historique, la Chine est prête à collaborer avec toutes les parties prenantes avec une plus grande ouverture, des actions plus concrètes et une vision à long terme. Ensemble, elles peuvent saisir les opportunités et relever les défis du développement de l’IA, et bâtir conjointement un avenir meilleur pour l’humanité. Source : Renmin Ribao Lire aussi : • Revues de presse IA – Dossier documentaire IA (avec liens partagés). • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Analyse, Politique Chine, Culture chinoise, Intelligence Artificielle, Sciences chinoises, Techniques chinoises Yiwu – Une fenêtre sur la vitalité de la Chine Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 17/08/2026 Dossier : La trajectoire inédite de Yiwu Yiwu, le supermarché qui approvisionne la planète Les rails du destin Noël « Made in Yiwu » Le virage des commerçants internationaux Un modèle d’intégration internationale « Ma maison » en Chine L’irrésistible modèle du géant chinois du quotidien Les expériences de Yiwu pour les Allemands Lire : • Yiwu : Une fenêtre sur la vitalité de la Chine, La Chine au présent [Partage en ligne]. • La Chine au présent (numéros en ligne), Chine en Question. Bonne lecture ! Serge LEFORT Passeur de liens et rédacteur de Chine en Question Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Chine en Question. Revue des revues Économie chinoise, Bibliographie, Chine, Culture chinoise, Techniques chinoises L’économie chinoise depuis 200 ans Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 14/08/2026 Le leadership économique est passé de la Chine à l’Empire britannique à partir de 1845, puis aux États-Unis en 1905, et revient vers la Chine depuis 2014. Leadership économique 1820-2025 Chine vs États-Unis 1820-2025 Chine vs États-Unis 2012-2025 Source : Visual Capitalist Lire : • Angus MADDISON, L’économie mondiale – Une perspective millénaire, 2001 [Partage en ligne]. • Angus MADDISON, L’économie chinoise – Une perspective historique, 1998 réédition 2007 [Partage en ligne]. • Maddison Project Database, University of Groningen, 2023. Lire aussi : • Livres & Revues : Ciné Monde – Chine en Question – Monde en Question – Mundo en Cuestión – Palestine en Question . • Dossiers documentaires : Classés par date – Chine en Question – Monde en Question – Monde en Question (2004-2019) – Palestine en Question. • Revues de presse, Monde en Question. Economie Économie chinoise, Capitalisme, Chine, Grande-Bretagne, USA déclin Modèle de culture du bambou en Chine Poster un commentaire Publié par Monde en Question le 12/08/2026 Suivre l’actualité, courir après le vent. Penser l’actualité, marcher à contre-courant. Bâtir une nation riche et forte exige d’entreprendre la tâche peu reluisante d’investir dans une éducation de qualité pour tous dès le plus jeune âge. La nature nous offre des leçons de stratégie d’une richesse insoupçonnée. Enfant, j’adorais les pousses de bambou, même si elles ne poussaient pas dans notre champ. Ma mère, remarquant mon enthousiasme, me suggéra d’en planter moi-même. Un voisin me donna une tige d’environ un mètre de haut, que je plantai, arrosai et soignai avec attention. Rien ne se passa. Une année s’écoula sans la moindre pousse. La deuxième année, la plante commença à dépérir par le haut, ne survivant plus qu’à sa base. “Ce bambou ne poussera jamais”, me plaignis-je à ma mère ; “tous ces efforts, pour rien !” Ma mère resta impassible. “Le bambou passe ses trois ou quatre premières années à développer ses racines sous terre”, dit-elle. “Ensuite, il pousse en surface.” La pousse finit par apparaître au milieu de la troisième année, perçant une fissure dans le sol que personne n’avait remarquée. La quatrième année, plusieurs autres pousses étaient apparues ; la cinquième année, la plante avait envahi tout le coin de la terre cultivée. Cette histoire dépasse le simple cadre de la récolte du bambou. Elle décrit avec justesse la croissance fulgurante de la Chine et le manque de croissance de l’Inde au cours des 75 dernières années. Je l’appelle le “modèle chinois de croissance du bambou” : des années d’efforts invisibles consacrés à la construction des fondations, suivies d’une croissance si rapide qu’elle ne paraît soudaine qu’à ceux qui n’ont pas suivi l’évolution des racines. Cela ne signifie en aucun cas que l’un ou l’autre pays ait planifié ses affaires avec la rigueur qu’impose le recul. La politique chinoise sous Mao Zedong fut souvent qualifiée de